Sortir de l'euro, une option très coûteuse

Sortir de l'euro, une option très coûteuse

Sortir de l’euro, une option très coûteuse

Une pièce de 2 euros en chocolat en train de fondre le 7 décembre 2011 à Paris

ECONOMIE – Si la zone euro explose, cela impactera tout le monde…
Les économistes étudient de plus en plus sérieusement différents scénarios prévoyant une disparition de la zone euro dans sa forme actuelle, voire sa désagrégation pure et simple, et il en ressort que le prix à payer sera élevé dans tous les cas de figure.

Les analystes s’accordent à dire que si la zone euro devait perdre certains de ses membres, voire éclater purement et simplement, aucun pays n’en sortirait indemne, du moins à court terme. Mais bien malin qui peut prévoir les conséquences à plus long terme, et peu s’y risquent pour l’instant.

Baisse du PIB de la zone euro

Selon une analyse de Capital Economics, même un changement limité de périmètre de la zone euro, où seuls la Grèce puis le Portugal et l’Irlande quitteraient la monnaie unique au cours des deux prochaines années, entraînerait une baisse du PIB de la zone euro de 1% en 2012 et 2,5% en 2013, soit une proportion équivalente à celle de la récession observée en 2008-2009.

Dans une note récente, la banque UBS estimait que si un pays « faible » comme la Grèce quittait l’euro, il lui en coûterait entre 9.500 et 11.500 euros par habitant la première année, puis 2.000 à 4.000 les années suivantes.

Si un pays « fort » comme l’Allemagne devait quitter la zone euro, les conséquences ne seraient pas neutres non plus: le coût par habitant serait de 6.000 à 8.000 euros la première année, soit 20 à 25% du PIB du pays, puis 3.500 à 4.500 euros les années suivantes, selon cette étude.

Risque d’écroulement du système bancaire

Le retour aux monnaies nationales se traduirait par des dévaluations pour certaines, une appréciation pour d’autres.

Selon Jens Nordvig, de Nomura Securities, si l’Allemagne retrouvait le mark, celui-ci s’apprécierait face au dollar, tandis qu’à l’inverse, la Grèce verrait la valeur de sa monnaie plonger de 60%, l’Italie, la Belgique ou l’Espagne de 35%.

Dès lors, selon la plupart des analystes, les pays les plus fragiles, soit pour simplifier ceux du sud de l’Europe, devraient restructurer leur dette à un coût beaucoup plus élevé, et le système bancaire national risquerait de s’écrouler en raison du peu de confiance accordée à la nouvelle monnaie.

Les citoyens, face au risque de dévalorisation de leur épargne, seraient en effet tentés de retirer leurs économies, les entreprises auraient du mal à trouver des capitaux, et au final, l’économie risquerait de ne plus fonctionner, entraînant le risque de désordres sociaux.

Les banques américaines également menacées

Mais si c’est un pays comme l’Allemagne qui quittait l’euro, alors l’appréciation de sa monnaie lui ferait perdre des parts de marché à l’exportation.

C’est d’ailleurs aussi ce qui se passerait dans le cas où l’Allemagne conserverait l’euro, accompagnée d’un groupe de pays, tandis que la France ou l’Italie quitteraient la monnaie unique.

Dans ce cas, d’ailleurs, « il n’est pas certain que le franc serait dévalué par rapport à l’euro », avance Jacques Cailloux, analyste à la Royal Bank of Scotland interrogé par l’AFP, soulignant que l’Allemagne se trouverait fragilisée par le fait que « son système bancaire a une exposition de 200 milliards d’euros aux banques françaises ».

De la même manière, la disparition de la zone euro ou sa survie sous une forme amoindrie nuirait aux économies extérieures, ce qui explique les appels pressants des dirigeants américains à ce que les Européens trouvent une solution à la crise de la dette. « L’exposition des banques américaines au système bancaire de la zone euro est de 2.000 milliards d’euros », souligne M. Cailloux.

Le sujet de 2012

A terme, cependant, le tableau n’est pas forcément aussi noir. « Les perspectives à long terme pour les ex-économies de la zone euro seront peut-être améliorées par la capacité des anciens Etats membres à mettre en oeuvre leurs propres politiques et à permettre à leurs monnaies de fluctuer », écrivent les analystes de Capital Economics. La dévaluation leur permettrait notamment de gagner en compétitivité sans baisser les salaires.

La disparition éventuelle de la zone euro ou sa réduction à un nombre limité de pays « n’est pas facile à estimer, mais il n’est pas clair que le coût soit immense, ce n’est pas forcément apocalyptique », avance de son côté Jacques Cailloux.

Une chose est sûre selon lui, « tout le monde va devoir travailler sur la question, cela va être le sujet de 2012 ».

AFP



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